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SCPI et impôts 2026 : ce qui change cette année

Loi de finances 2026 : hausse du PFU à 31,4 %, revenus fonciers SCPI épargnés, abandon de l'IFI improductif. Le point pour les détenteurs de parts.

Catégorie

Actualités

Date

05/03/2026

Temps de lecture

6 min

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Résumé

Le contexte législatif

La loi de finances pour 2026, définitivement adoptée le 2 février 2026 après plusieurs recours à l'article 49.3, reconfigure en partie la fiscalité des placements en France. Si les revenus du capital financier voient leur taxation s'alourdir, les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) bénéficient d'un traitement plutôt favorable. Tour d'horizon des changements concrets pour les investisseurs en SCPI cette année.

La hausse du prélèvement forfaitaire unique : de 30 % à 31,4 %

C'est la mesure la plus visible du budget 2026. Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) passe de 30 % à 31,4 % sur les revenus du capital financier : dividendes, intérêts, plus-values mobilières.

Cette hausse provient de la création d'une contribution financière pour l'autonomie de 1,4 point, intégrée aux prélèvements sociaux. Le taux d'imposition forfaitaire reste à 12,8 %, mais les prélèvements sociaux grimpent de 17,2 % à 18,6 % pour les revenus financiers.

Ce que cela change pour les SCPI

Les SCPI distribuent deux catégories de revenus. Les revenus fonciers, issus de la location nue du patrimoine immobilier, constituent la majorité des distributions. Les revenus financiers accessoires (trésorerie placée, produits de cession de valeurs mobilières) représentent une part marginale.

La hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % concerne uniquement les revenus financiers. En pratique, la fraction de revenus financiers distribués par les SCPI est généralement très faible par rapport aux revenus fonciers. L'impact direct de cette hausse reste donc limité pour la plupart des détenteurs de parts.

Les revenus fonciers des SCPI restent taxés avec des prélèvements sociaux à 17,2 %. L'immobilier locatif a été volontairement exclu de la hausse pour ne pas aggraver la crise du logement.

Les revenus fonciers épargnés par la hausse

C'est le point central pour les investisseurs en SCPI. Les revenus fonciers distribués par les SCPI investies en location nue conservent leur régime fiscal existant :

  • Imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu (ou régime micro-foncier pour les contribuables dont les revenus fonciers bruts n'excèdent pas 15 000 euros par an).

  • Prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % (contre 18,6 % pour les revenus financiers).

Cette exclusion a été décidée pour éviter de pénaliser davantage l'investissement locatif dans un contexte de tension sur l'offre de logements. Pour les SCPI classiques — bureaux, commerces, logistique, santé, résidentiel en location nue — la fiscalité des distributions ne change pas en 2026.

L'écart de traitement se creuse donc entre les revenus fonciers et les revenus du capital financier. À rendement brut équivalent, un placement en SCPI supporte désormais 1,4 point de prélèvements sociaux de moins qu'un placement financier classique soumis au PFU.

Abandon du projet d'impôt sur la fortune improductive

Un autre sujet suivi de près par les détenteurs de SCPI : le projet de transformation de l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) en impôt sur la fortune improductive, parfois désigné IFI-I. Ce projet, débattu au Parlement, aurait élargi l'assiette de l'impôt à l'ensemble du patrimoine non productif (liquidités, comptes courants, fonds en euros), tout en excluant potentiellement certains actifs immobiliers productifs.

Ce projet a été abandonné dans la version finale de la loi de finances 2026. Le régime de l'IFI reste inchangé : les contribuables dont le patrimoine immobilier net dépasse 1,3 million d'euros continuent de le déclarer selon les règles habituelles.

Pour les détenteurs de SCPI, cela signifie que les parts restent intégrées dans l'assiette de l'IFI au titre de leur composante immobilière, selon les modalités de valorisation communiquées chaque année par les sociétés de gestion. Pas de mauvaise surprise, ni de changement de barème.

Plus-values immobilières : aucune modification

Le régime des plus-values immobilières applicable lors de la revente de parts de SCPI n'a pas été modifié par la loi de finances 2026. Les abattements pour durée de détention restent les suivants :

  • Pour l'impôt sur le revenu (19 %) : abattement progressif à partir de la 6e année de détention, exonération totale au bout de 22 ans.

  • Pour les prélèvements sociaux (17,2 %) : abattement progressif à partir de la 6e année, exonération totale au bout de 30 ans.

  • La surtaxe sur les plus-values supérieures à 50 000 euros est maintenue.

Un point de vigilance : les prélèvements sociaux sur les plus-values mobilières

En revanche, une disposition à noter : la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % s'applique rétroactivement aux plus-values mobilières réalisées dès 2025 (avant même la promulgation de la loi fin décembre 2025). Pour les SCPI, ce point ne concerne que les éventuelles plus-values mobilières distribuées par la SCPI (par exemple lors de cessions de valeurs mobilières en portefeuille), et non les plus-values immobilières réalisées lors de la revente de parts.

Le nouveau statut du bailleur privé : quel lien avec les SCPI ?

La loi de finances 2026 introduit également un nouveau cadre fiscal pour l'investissement locatif résidentiel direct, baptisé « Relance logement » ou dispositif Jeanbrun. Ce mécanisme offre un amortissement annuel de 4 % pour les logements neufs et de 3,5 % pour l'ancien, dans certaines conditions.

Ce dispositif concerne l'investissement locatif en direct et non l'investissement via des SCPI. Toutefois, il témoigne de la volonté des pouvoirs publics de soutenir l'immobilier locatif, un signal cohérent avec le traitement fiscal favorable réservé aux revenus fonciers (y compris ceux distribués par les SCPI) dans le même budget 2026.

Ce que cela signifie concrètement pour les détenteurs de SCPI

En synthèse, la loi de finances 2026 offre un cadre plutôt préservé pour les investisseurs en SCPI :

  • Les revenus fonciers distribués conservent leur fiscalité actuelle, sans hausse des prélèvements sociaux.

  • L'IFI immobilier reste inchangé, sans élargissement de l'assiette.

  • Le régime des plus-values immobilières est stable.

  • Seuls les revenus financiers accessoires (part marginale des distributions) sont touchés par la hausse du PFU à 31,4 %.

Dans un contexte où la pression fiscale s'accentue sur les placements financiers, cette relative stabilité renforce l'intérêt de l'immobilier géré comme composante de diversification patrimoniale. Pour les investisseurs qui envisagent d'acheter ou de vendre des parts de SCPI sur le marché secondaire, via une plateforme comme Paperock, les conditions fiscales de l'opération restent identiques à celles en vigueur l'année précédente.

Il est néanmoins recommandé de consulter un professionnel (conseiller en gestion de patrimoine, expert-comptable) pour analyser l'impact de ces évolutions sur votre situation personnelle. La fiscalité est susceptible d'évoluer et les informations présentées ici sont valables à la date de publication de cet article.

Tout investissement en SCPI comporte des risques, notamment de perte en capital et de liquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Les informations et chiffres présentés sur la plateforme sont fournis à titre purement indicatif et sont basés sur les données communiquées par les sociétés de gestion. Ils ne constituent ni une offre, ni une sollicitation, ni une recommandation d'investissement, et ne garantissent en aucun cas des performances ou gains futurs. Les seules offres de vente présentes sur la plateforme sont publiés par des investisseurs à la recherche d’acquéreurs pour leur parts, en leur nom et pour leur compte. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps. Paperock décline toute responsabilité quant à l'exactitude, l'exhaustivité ou la pertinence des informations fournies. Les investisseurs sont seuls responsables de leurs décisions d'investissement et doivent s'assurer qu'ils comprennent pleinement les risques associés. Ces risques sont notamment détaillés par l’AMF dans l’article suivant →